Pierrette GAUVIN, une fille issue d'un adultère d'un géniteur non dénommé.

Publié le par GénéaBlog86

Sur ma branche paternelle DION, je me suis découvert descendant du couple Antoine CHEBASSIER domestique en la paroisse de Joussé (86) et de Louise DUREPAIRE (sosa 532 et 533), mariés en 1743 à Saint-Romain (86). A ce mariage, Antoine est dit fils de feu Pierre CHEBASSIER et de Perrette GAUVIN présente (sosa 1064 et 1065).

Il n'est pas découvert immédiatement l'union du couple CHEBASSIER – GAUVIN, pour une raison simple. Je vous explique le cheminement de mes recherches.

Je commence par découvrir en 1749, en la paroisse proche à Payroux (86), le décès de la dite GAUVIN, prénommée au fil du temps Pierrette, Perrette ou Perrine. A son inhumation sont présents Jean PROUX son mari, François et Antoine SEBASTIERS ses deux enfants. Cela signifie qu'elle était précédemment veuve SEBASTIERS. Il s'agit en fait d'une mauvaise orthographe du patronyme CHEBASSIER. Aucune filiation ou âge ne sont mentionnés pour la défunte.

Décès de Perrette GAUVIN en 1749

Je recherche alors l'union du couple PROUX – GAUVIN. Elle est trouvée en 1737 à Saint-Romain (86). Dans cet acte Pierrette est dite « veufve de deffunt Pierre CHEBASSIER, en dernière noce ». Cela confirme le patronyme CHEBASSIER mal écrit et signifie qu'elle avait été mariée précédemment avant le nommé CHEBASSIER. En 1737, il s'agissait donc au moins de son troisième mariage.

Union PROUX - GAUVIN en 1737

Il est découvert la naissance de Pierrette GAUVIN, en 1692 à Champniers (86). Dans son acte de baptême, elle est indiqué « fille illegitime de Charlotte BETIN (sosa 2131) femme de Jean GAUVIN lequel a declaré quil sopposoit et de fait soppose a ce que son nom fust ou soit donné a la dite Pierrette attendu quil proteste nestre aucunement a luy », en présence de Pierre ROBERT. Visiblement, l'époux de la mère du nouveau-né ne souhaite pas reconnaître ce premier enfant et pour cause. Le couple a rédigé son contrat de mariage auprès de maître ROBERT, à Sommières (86), à peine cinq mois avant cette naissance. Le dit GAUVIN semble assuré d'avoir épousé une femme déjà enceinte d'un autre et cela n'est pas très catholique pour l'époque. Il peut aussi avoir eu une autre bonne raison de ne pas reconnaître l'enfant, s'il connaissait le géniteur.

Naissance et baptême de Pierrette GAUVIN en 1692

A ce moment là, se pose le problème de tous généalogistes. Faute de filiation déterminée, l'ascendance semble impossible à remonter du côté paternel. Et pourtant...

Je finis par trouver entre juillet et août 1717, un mariage CHEBASSIER avec Perrine MAIGRET, dans les registres paroissiaux déchirés de Saint-Romain (86). Cette union n'est toujours pas filiative, mais sont présents Jeanne et Anthonine GAUVIN.

Union CHEBASSIER - MAIGRET en 1717

N'oublions pas que nous supposions une précédente alliance, suivant l'acte de 1737.

Elle est découverte en 1711, toujours à Saint-Romain (86), entre Louys MAURISSET et Pierrette MAIGREST. En effet, l'épouse est dite fille de feu Simon MAIGREST et de Charlotte BETAIN (sosa 2130 et 2131). Rappelez-vous de Charlotte BETIN indiquée mère de Pierrette et épouse de Jean GAUVIN. D'ailleurs Jean GOUVAIN indiqué « son beauperre » est présent à cette union. La boucle est bouclée.

Union MAURISSET -MAIGREST en 1711

Mais qui était donc Simon MAIGREST ou plutôt MAISGRET ou MESGRET. Il est seigneur de Fonjasne, de Leigné (Champniers) et autres places. Il épouse Marie ROBERT en 1686 à Champniers (86), fille de Gaspard ROBERT sergent bailliager puis notaire et huissier audiencier à Civray (86) et de Perrette BOT. Ce couple a au moins deux enfants en 1687 et 1699. Cela confirme bien que Simon a bien fauté en 1692 avec Charlotte, mère de Pierrette, alors qu'il est toujours marié. Il meurt à l'été 1710 à Champniers (86), quelques jours après son épouse.

Si vous avez fait attention, les ROBERT apparaissent dans les actes mentionnés en 1692 : au baptême de Pierrette et au contrat de mariage de ses parents. Ce n'est vraisemblablement pas un hasard. Les ROBERT étaient notamment une famille de notaires. Ils avaient tout intérêt à préserver l'héritage probablement important, à destination des enfants du couple MAISGRET – ROBERT, du risque de déperdition, avec cette enfant fruit du péché.

Il arrivait régulièrement à de puissants seigneurs du XVIIe siècle, d'avoir des aventures charnelles, avec des jeunes femmes célibataires qu'ils mettaient enceinte, comme j'ai pu le rencontrer avec les familles de ROCHECHOUART, de BARACHIN et autre de NEUCHEZES.

Cela me fait cousiner au XVIIe siècle avec les SABLEAU sieurs du Taillis et de la Pilatière, ainsi qu'au XVe siècle avec les BRULON seigneurs de la Brulonnière à Persac (86) et les BACONNET seigneurs de la Bouige à Moulismes (86).

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