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Parmi les documents qui m'ont interpelés aux AD86, lors de mon dernier passage, j'ai retenu celui de ce trouble à l'ordre public, commis dans le bourg de PERSAC, en 1882.  

Rappelons qu'en cette fin du XIXème siècle, l'expansion du chemin de fer à travers la campagne poitevine, emploie énormément de manouvriers, notamment pour la construction de la ligne CIVRAY - CHAUVIGNY, en passant par L'ISLE JOURDAIN et LUSSAC LES CHATEAUX.  

Suite à des méfaits commis dans la nuit du 15 au 16 octobre 1882, dans le bourg de Persac, le maire de la dite commune dénonce les troubles importants causés par des ouvriers du chemin de fer, qui s'alcoolisent systématiquement après la remise de la paye. Il demande à monsieur le sous-préfet, un détachement permanent de deux gendarmes, dans sa commune, avec la création d'un poste avancé.  

Le sous-préfet demande par courrier des explications au commandant de l'arrondissement de gendarmerie de MONTMORILLON.  

Le lieutenant de gendarmerie HUGRET Joseph, commandant l'arrondissement de MONTMORILLON, adresse le 21 octobre 1882, la lettre suivante à monsieur le sous-préfet du même lieu, pour lui expliquer les renseignements sur les troubles qui ont eu lieu dans la commune de PERSAC.

"Conformément à votre lettre du 19 de ce mois, relative à des troubles qui avaient eu lieu récemment dans la commune de Persac, j'ai l'honneur de vous rendre compte que les principaux auteurs, au nombre de 2, des troubles dont il s'agit, ont été arrêtés par les soins de la gendarmerie de Lussac et conduits devant monsieur le procureur de la République de Montmorillon.

Ce magistrat a fait écrouer l'un deux à la maison d'arrêt de cette ville, et l'autre a été relaxé.

Ces troubles, qui ont eu lieu dans la nuit du 15 au 16 octobre, ont été causés par 3 ou 4 ouvriers du chemin de fer qui étaient en état d'ivresse.

Pendant la journée du 15, qui était le jour de la paie des ouvriers, 2 gendarmes de Lussac sont restés toute la journée dans la commune de Persac, où l'ordre le plus parfait n'a cessé de régner, mais après leur départ, et longtemps après la fermeture des établissements publics, quelques ouvriers ont frappé aux portes des aubergistes et ont cassé 2 carreaux, c'est ce qui a occasionné les bruits et tapages nocturnes, dont vous avez été informé.

Je ne vois pas quant à présent, la nécessité de mettre 2 gendarmes à Persac, mais afin d'éviter le retour de semblables scènes, de fréquentes patrouilles seront faites dans cette région, notamment les jours et les lendemains de paie des ouvriers.

Je profite de cette circonstance, monsieur le sous-préfet, pour vous exposer qu'il est regrettable qu'il n'y ait pas à Persac, un violon très solide, où les ivrognes, qui sont toujours les principaux auteurs des désordres, seraient incarcérés jusqu'à ce qu'ils aient recouvré la raison.

Veuillez agréer, monsieur le sous-préfet l'expression de ma respectueuse considération."  

Par la suite, aucun violon ne sera mis en place à PERSAC et les patrouilles de gendarmerie seront multipliées les veilles et lendemains de la paye des ouvriers des chemins de fer, jusqu'à la fin des travaux dans la dite commune.  

Tag(s) : #Histoires locales

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