Les gens du Poitou et notamment de Lusignan dans le département de la Vienne, connaissent bien la légende de la Fée Mélusine. C'était une fée bâtisseuse à laquelle les gens de la terre revendiquaient certaines constructions exceptionnelles tels les châteaux et les églises du XIème siècle. La nuit, elle transportait dans son tablier de gros blocs de pierres qui servaient à ériger rapidement de grands bâtiments. De temps à autre, il lui arrivait d'en échapper pendant son vol, ce qui expliquait la présence de divers blocs rocheux imposant dans le paysage locale.

Son apparence physique était liée à une malédiction donnée par sa mère, à elle et ses deux soeurs, en raison d'une sortie punitive affligée par ces dernières à leur père qu'elles avaient enfermé dans une caverne, tout en haut d'une montagne inaccessible. La malédiction pour Mélusine était de devenir serpente depuis le nombril jusqu'au bout des pieds, tous les samedis jusqu'à la fin des temps, à moins qu'elle ne rencontre un mortel qui veuille bien l'épouser et qui lui promette de ne jamais chercher à la voir le samedi, ou alors de ne rien dire à personne si par inadvertance il la voyait.

Après avoir longuement erré, elle s'installa en forêt de Coulombiers (86). A la suite d'un regrettable accident mortel de chasse en ces bois, elle rencontra près de la Font-de-Cé, Raymondin, neveu d'Aimeri comte de Poitiers. Il tomba éperdument amoureux de cette femme d'une incomparable beauté. Elle accepta de l'épouser à la condition qu'il lui promette de ne pas chercher à la voir le samedi et de jurer de ne rien dire s'il la voyait. Raymondin promit, mais poussé par son frère et la curiosité, il brisa cette promesse et Mélusine se transforma en serpente ailée qui prit la fuite par la fenêtre du château de Vouvant, en poussant de puissants cris. Le couple avait eu dix fils, aux apparences et capacités diverses.

Cette histoire aux aspects mythologiques a été rédigée au XIVème siècle, par Jean d'Arras, suite à la commande de Jean II duc de Berry, afin de satisfaire le désir de sa soeur Marie de Bar, enfants du roi Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. Le but était d'officialiser une ascendance mythique du côté maternel, pour appuyer un pouvoir local. A l'exception d'Aimeri père et fils ainsi que de Geoffroy dit "la Grand' Dent" qui ont réellement existés, les identités des autres personnages seraient fantaisistes. Parmi ses méfaits, Geoffroy a entre autre brûlé l'abbaye de Maillezais en 1232, où son frère Fromont, moine, trouva la mort.

La légende raconte que les descendants du couple entendent les cris de la fée trois jours avant leur mort. La dernière fois qu'elle aurait été entendue par la population de Lusignan, c'était trois jours avant l'annonce de la guerre en 1914.

Voici une généalogie de ces personnages :

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Tag(s) : #Histoires locales
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