Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Convention du 23 février 1793 décide de la Conscription de 300 000 hommes, pour faire face aux armées Prusses et Autrichiennes à la sortie de la Révolution. Il s'agit de recueillir un maximum d'engagements de volontaires, dans chaque communes de France, voir par tirages au sort en l'absence d'un nombre de candidats suffisants. Elle concerne les hommes âgés de 18 à 40 ans, célibataires, aptes physiquement.

Cette décision nationale est très mal perçue dans les campagnes et notamment à USSON DU POITOU, dans la Vienne, où un mouvement de révolte anime la petite vingtaine de jeunes de cette commune, lors de la venue de l'agent recruteur désigné localement.

Tout commence par une simple question. Après la lecture de la loi, par l'agent, un jeune répondant au nom de CUIRBLANC demande si son frère serait inquiété par la chose, s'il se portait volontaire pour sa famille. L'agent répond qu'il serait tout autant concerné et qu'il ne pourrait faire l'objet d'une exception. Devant le refus complet à sa requête, les esprits s'échauffent et alors que le faiseur de troubles pourraient être interpelé, ce dernier fait promettre à ses amis, de vive voix, qu'ils pourfandent ses agresseurs s'il devait être arrêté. Ils répondent tous par l'affirmative. Un ami de CUIRBLANC jete sa cocarde tricolore au sol et la piétine pour montrer son désaccord avec le nouvel Etat qui prône la Liberté. L'agent préfère quitté les lieux par mesure de sécurité.

Le mouvement se généralise auprès des jeunes des communes de ST MARTIN L'ARS, L'ISLE JOURDAIN, ADRIERS...
L'agent recruteur après avoir établis ses constatations des faits par procès verbal, prévient l'armée qui arrive par CIVRAY. Dix-sept jeunes et Mme DENUCHEZE bourgeoise (chez qui CUIRBLANC avait trouvé refuge) sont arrêtés à USSON et jetés en prison à POITIERS, en attendant leur procès. CUIRBLANC et son ami à la cocarde seront condamnés à la peine de mort par l'échaffaud, plusieurs de leurs amis se verront mis au fers pour six ans, alors que la loi qui prévoyait leurs peines n'avaient été rédigés qu'après les faits reprochés et donc ne pouvait s'appliquer en raison de la non rétroactivité des lois...

De nombreux jeunes opposés à ce recrutement forcé ont perdu leur tête, en cette période difficile de l'Histoire française de l'après monarchie et essentiellement en Vendée.

Tag(s) : #Histoires locales

Partager cet article

Repost 0