Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'année 2016 a été une grande année pour la chapelle Saint Martin, située sur le domaine de Moussac à Montmorillon. De très nombreux édifices religieux chrétiens portent le vocable de Saint Martin (316-397), notamment dans la région du Poitou-Charentes et essentiellement dans la vallée de la Vienne. Je ne reviendrais pas sur la vie remarquable de ce Saint patron des maréchaux-ferrants, mais l'année 2016 a été l'occasion de festivités pour les 1700 ans de sa naissance. De plus, cette chapelle délaissée depuis longtemps, a fait l'objet de travaux et a été consacrée par un évêque anglican, concédant une seconde vie à cet édifice.

Le bâtiment de petite taille permet aisément un office d'une quarantaine de personnes. De construction ancienne, il n'est pas inscrit au monuments historiques, contrairement à la lanterne des morts, située à proximité et inscrite en 1884. Il est constitué en partie de pierres de récupération provenant d'un ancien temple (sanctuaire gallo-romain de Mazamas tout proche) et certainement à l'emplacement d'un ancien lieu de culte. Le choeur de la chapelle est richement décoré de fresques typiques à celles des autres édifices de la vallée de la Gartempe. Elles mériteraient d'être étudiées et restaurées par des spécialistes. Le vitrail central réalisé entre 1868 et 1878, par l'artisan verrier Charles des Granges de Clermont-Ferrand, représente la scène habituelle de Saint Martin à cheval couvrant le mendiant de son manteau. Les armoiries anciennes de la famille Augier de Moussac (d'or à trois croix de sable posées en pal, sans le pommeté des croix par le haut apparu la génération suivante du premier porteur) inscrites en bas à gauche dans ce vitrail, indiquent que c'est elle qui a passé cette commande. Le cimetière qui entourait les lieux jadis a laissé la place à une large étendue herbeuse sans aucune stèle... ou presque.

Dans l'édifice, posé au sol contre le mur orienté au nord, je m'interroge sur la présence d'une grosse pierre taillée qui ne me parait pas entière. Celle-ci présente l'inscription suivante : "IN.IE.XPE.SPES.FELI_S.AVGERII. RECUMBET.1614", que je traduis personnellement par : "Ici repose Félix Augier dans l'espérance du Christ 1614". Personne n'avait prêté attention à cette inscription, les curieux s'attardant plus sur la croix épatée visible au sol à la droite du choeur, dont l'origine me parait plutôt incertaine et de petite facture. Le bloc de pierre qui m'intéresse est vraisemblablement un morceau de stèle funéraire.

Je me replonge alors dans mes recherches généalogiques de la noble famille Augier de Moussac qui a participé à la grandeur de Montmorillon, au XIXe siècle. Je finis par découvrir qu'il s'agit de la pierre tombale de Félix Augier, né vers 1560, avocat en parlement, sénéchal de la Trimouille et Bélâbre, fils d'Antoine Augier et de Andrée Félix. Il s'unit le 12/11/1594 à Florence Lespine. Ils sont les parents de Laurent Augier (o vers 1590 +1667), sieur de Clossac (fief de Sillars), avocat en parlement, puis juge prévôt de Montmorillon, époux de Elisabeth Coeurderoy (o1600+1664). Ces derniers sont les parents de Félix Augier (o1630+1693), sieur de Clossac, avocat en parlement à Montmorillon et époux en 1653 de Marguerite Vrignaud. Eux mêmes sont notamment les parents de François AUGIER (o1675+1746), sieur de Moussac, de Crémiers et de Cougouilles, lieutenant général civil et premier porteur des armes familiales indiquées dans les vitraux de la chapelle. Cette famille conserve la propriété de Moussac, jusqu'au début de ce siècle.

Une chose qui fait l'âme de la dite chapelle manque terriblement aux lieux. Il s'agit de la cloche aujourd'hui disparue qui avait été retirée par l'ancien propriétaire.

Tag(s) : #Recherches personnelles et méthodologie

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :